L'idée de ce voyage m'est venue lors d'une de mes nombreuses errances devant la carte du monde. Par la suite, il a été rêvé et remodelé des dizaines de fois pour devenir enfin plus précis et réalisable.
Lorsque je parle de mon voyage, une question revient souvent: "Pourquoi?". Mes motivations à partir sont en fait nombreuses et complexes. Je pourrais énumérer l’envie de découverte, la passion pour le sport, l’élimination des contraintes quotidiennes pour quelques mois (excepté manger et dormir) ou, plus terre à terre, quatres mois à « occuper » (cette dernière à plutôt trait au timing, car l'opportunité d'avoir 4 mois à disposition aussi facilement ne se donnera peut être plus très souvent...). Toutes ces raisons, et il y en a bien d’autres encore, me permettent de rêver à ce voyage et me motivent à le réaliser.
Le parcours:
La richesse et la grandeur de notre monde nous permettrait de tracer des centaines d’itinéraires, ce qui pourrait rendre le choix difficile mais oh combien intéressant. Pour ma part, les lignes générales du parcours se sont imposées d’elles-mêmes après des mois à les rêver ou à les imaginer. L’attrait de cultures et de modes de vie différent ont incontestablement joué un rôle prépondérant dans cette esquisse.
Europe : Départ depuis Lausanne en direction de l’est… Passage en suisse centrale, puis au Liechtenstein. Traversée de l'Autriche par Innsbruck, Salzburg puis Vienne. Ensuite je vais continuer le long du Danube vers Bratislava, Budapest, Belgrade et enfin la Roumanie. Arrivé près de la mer Noire, je vais mettre le cap au sud afin de rallier Istanbul pour mon premier passage sur le continent asiatique…
Asie :
Traversée de la Turquie par le centre et ses moyennes montagnes. Puis entrée en Géorgie et enfin traversée de l’Azerbaïdjan jusqu’à Bakou. La, je vais prendre le bateau pour le Turkménistan. Je serai alors devant l'un des défis sportifs du voyage: le désert de Karakoum. 1200km avec des température pouvant excéder 45° en pleine journée, à parcourir en 7 jours (visa maximal que je peux obtenir).
Suite à la traversée du Turkménistan, je vais faire une première approche des hautes montagnes en les contournant d’abord par les plaines de l’Ouzbékistan puis en les affrontant dès le passage au Kirghizstan. Je vais passer quelques jours supplémentaires au Kirghizstan afin d'obtenir mon visa chinois (j'espère...). Ces quelques jours vont me permettre de faire un détour par le nord et le lac d'Isik Kul et le pied des sommets les plus hauts du pays (plus de 7000m). Après obtention du visa, je vais passer en Chine et rejoindre Urumqi. Un bref passage en train m'emmenera alors jusqu'au pied de la muraille de Chine. Puis un petit détour par Xian et ensuite cap sur Pékin. Avec un peu de réussite, il sera possible de voir la fin des JO, sinon la ville doit aussi être très bien à visiter... Deux semaines de battement devraient rester à la fin avant que je prenne l'avion pour le retour.
Risque ?
En tout bon homo reflectus moyen, nous nous astreignons automatiquement à un calcul des risques encourus. Le risque général est composé des catégories suivantes:
Le risque politique avant tout est à considérer lors de l’élaboration de l’itinéraire et m’a poussé à éviter le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Pakistan. Il m'a déjà obligé à revoir mon parcours en raison de la situation au Tibet...
Le risque animal. Vu de chez nous ou peut estimer ce risque minime, mais dans les fait ces petites bestioles de désert, chien de combats enragés qui trainent en bord de route et autres ours roumains sont tout de même à considérer. Ainsi, j’ai décidé de m’armer d’un spray anti-moustique…
Le risque humain. Le risque de rencontrer des gens mal intentionnés est relativement faible par rapport aux biens intentionnés… Ce n’est donc pas une raison en soit pour en avoir peur, car ces personnes ne peuvent pas me vendre (pour eux je vaut moins que mon matériel) ou me manger (je ne dois pas être très bon). Bref, c’est un risque que toute personne doit gérer avec sa propre sensibilité afin de diminuer au maximum les mauvaises rencontres. Je ne vais donc pas souvent rouler la nuit et planter ma tente dans des endroits bien cachés…
Les pays que je vais traverser suscitent toujours des réactions du genre « Mais c’est dangereux ! » Le problème : ces mêmes personnes ne sont jamais allées là-bas. Dilemme, comment savent-elles que c’est dangereux ? Peut-être en ont-ils entendu parler, mais de la part de qui ? et parle-t-on beaucoup de l’Ouzbékistan ou du Kirghizstan ? Non, le seul est unique vecteur de leur peur est l’inconnu. La peur de l’inconnu. J’espère donc leur permettre d’apprendre à connaître ces pays et ainsi leur éviter de se faire peur…